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Interactions homme-vecteur, études des protéines salivaires immunogéniques d'Aedes, vers un bio-marqueur d'exposition spécifique à Aedes albopictus

 

Souleymane DOUCOURE

 

le mercredi 07 décembre 2011 à 14h à l’amphithéâtre du bâtiment de plantes, centre IRD Montpellier.

 

Nathalie BOULANGER. MC, MD, PHD Université de Strasbourg, Faculté de Pharmacie (Rapporteur)
Anna-Bella FAILLOUX. PhD, Chef de laboratoire Institut Pasteur Institut Pasteur, Paris (Rapporteur)
Gérard LEFRANC. Professeur Université Montpellier 2 (Examinateur)
Lionel ALMEIRAS. PhD, Chargé de Recherch IMTSSA (Examinateur)
Franck REMOUE. PhD, Chargé de recherche  IRD, Bénin (CoDirecteur de thèse)
Vincent ROBERT. DR, Directeur de recherche IRD, Montpellier (Directeur de thèse)


Résumé : 
Les arbovirus transmis par les moustiques Aedes représentent un problème majeur de santé publique dans les pays du Sud et certains comme la dengue et le chikungunya risquent d'émerger dans les pays du Nord. La lutte contre ces maladies repose essentiellement sur le contrôle des populations de vecteurs. Pour un meilleur contrôle de ces arbovirus, beaucoup d'efforts sont déployés pour développer de nouveaux outils. La mesure de la réponse anticorps (Ac) de l'homme contre les protéines salivaires des arthropodes a été utilisée pour évaluer son exposition aux piqûres des vecteurs et estimer le risque de transmission des pathogènes. L'objectif de notre travail a été de valider par une approche immuno-épidémiologique le concept « réponse Ac anti salive comme bio-marqueur d'exposition aux Aedes ». Nous avons également évalué la spécificité de cette réponse par rapport aux populations exposées uniquement à Ae. aegypti ou Ae. albopictus. Dans un second volet, nous avons identifié les protéines salivaires d'Ae. albopictus impliquées dans cette réponse. Et enfin, nous avons évalué la potentialité d'utiliser ce bio-marqueur comme critère d'efficacité de la lutte anti vectorielle contre Ae. albopictus. Nos résultats montrent une corrélation entre la réponse Ac anti salive et l'intensité d'exposition aux vecteurs indiquant ainsi la pertinence de son utilisation comme bio-marqueur d'exposition aux piqûres des Aedes. Nous notons une faible réaction croisée de cette réponse Ac entre la salive d'Ae. aegypti et d'Ae. albopictus. Les protéines salivaires antigéniques d'Ae. albopictus identifiées sont essentiellement impliquées dans la prise du repas sanguin. L'utilisation de ce bio-marqueur a permis de détecter la baisse de la densité vectorielle après les mesures de lutte contre Ae. albopictus, suggérant son utilité pour mesurer l'efficacité des stratégies de contrôle. L'ensemble de ces travaux contribuent à une meilleure connaissance de l'interaction de l'homme avec les Aedes. L'identification de protéines/peptides spécifiques d'espèce permettrait d'améliorer l'utilisation de ce bio-marqueur.

Mots clés : Aedes, Salive, Protéines, Exposition, Anticorps, Bio-marqueur


Origine, adaptation et évolution de Plasmodium falciparum dans un nouvel environnement : Analyse d’une espèce invasive

 

Erhan YALCINDAG

le Jeudi 08 Décembre 2011 à 14:00 dans l'amphithéàtre du bàtiment des plantes, au Centre IRD de Montpellier.

 

Le jury sera composé de :
 
- Tatiana Giraud (Rapportrice)
 
- André Theron (Rapporteur)
 
- Carlo Severini (Examinateur)
 
- Emmanuel Douzery (Examinateur)
 
- François Renaud (Co-directeur de thèse)
 
- Franck Prugnolle (Directeur de thèse)
 
 

 

Résumé : La biologie évolutive permet de comprendre et de retracer l’origine des espèces ou des populations, de comprendre leurs dispersions dans différentes zones et d’analyser les différentiations résultant de ces évolutions. L’invasion biologique et les espèces envahissantes en général sont de bons modèles pour étudier et comprendre l’adaptation à de nouveaux environnements. Plasmodium falciparum, un protozoaire parasite agent du paludisme, a envahit de nouvelles populations hôtes et de nouvelles espèces de vecteurs à plusieurs reprises. Notre objectif était d’étudier (i) l’introduction, l’origine et la distribution de P. falciparum dans des environnements radicalement différents : dans une nouvelle aire géographique tout d’abord (en Amérique du Sud) puis dans une nouvelle espèce hôte (chez les primates) et (ii) de déterminer les gènes potentiellement impliqués dans l’adaptation à ces nouveaux environ nements. Ces questions ont été abordées à travers différentes approches réunissant des analyses de génétique des populations, de phylogéographie ainsi que des analyses phylogénétiques. Les résultats obtenus démontrent pour la première fois que, P. falciparum a été introduit par l’homme au moins à deux reprises en Amérique du Sud à partir de l’Afrique. Cette thèse a aussi permis de démontrer pour la première fois que ce parasite circule naturellement chez les primates non-humains. L’analyse des patrons de sélection sur des gènes candidats jouant un rôle dans l’invasion des hématies par le parasite a été réalisée afin de déterminer si des évolutions adaptatives particulières avaient opérées sur ces gènes dans ces nouveaux environnements. L’ensemble de nos résultats démontrent que P. falciparum peut être considéré comme une espèce envahissante et que ce parasite n’est en fait pas spécifique à l’homme. L’ensemble de not re travail nous a permis d’avancer dans la connaissance de ce modèle biologique en termes de stratégie d’émergence ou de réémergence dans différents environnements. Nos résultats soulignent les changements qui ont opéré dans la distribution géographique et l’émergence du spectre d’hôte utilisé par P. falciparum au cours de son histoire évolutive passée et présente ce qui peut laisser craindre d’autres évolutions à l’avenir.

 

 
Mots clés : Invasion biologique, espèce invasive, parasite, origine, adaptation, sélection, maladies émergente, Plasmodium falciparum, Amérique du Sud, génétique des populations, phylogéographie, marqueurs moléculaires, singes.
 


Massila Senghor

Soutiendra publiquement ses travaux de thèse intitulés

Eco-épidémiologie des phlébotomes dans le foyer de leishmaniose canine de la Communauté Rurale de Mont-Rolland, (Thiès, Sénégal) : le genre Sergentomyia, vecteur de Leishmania infantum


Soutenance prévue le lundi 31 octobre 2011 à 10h00
à l’Amphithéatre des plantes (IRD)

Jury

Mr le Professeur J-P. Dedet, CHU, Montpellier Examinateur
Mr le Professeur B. Pesson, Faculté de Pharmacie, Strasbourg Rapporteur
Mr le Docteur R. Charrel, Faculté de Médecine, Marseille Rapporteur
Mr le Docteur A. A. Niang, IFAN Ch. A. Diop, Dakar Examinateur
Mlle le Docteur A-L. Bañuls, IRD, Montpellier co-Directeur
Mr le Docteur T. De Meeûs, CNRS, Montpellier Directeur

Résumé :

La communauté Rurale de Mont-Rolland (région de Thiès, Sénégal) est un foyer endémique de leishmaniose canine décrit depuis 1970. Des études épidémiologiques récentes ont montré que l'agent étiologique est Leishmania (Leishmania) infantum et que le cycle de transmission est bien établi sur l’ensemble de la commune, avec plus de 30% des chiens et plus de 20% des hommes séropositifs. Néanmoins, malgréles différentes études épidémiologiques, le vecteur reste toujours inconnu. Jusqu'à présent, aucune espèce de Phlebotomus, connue pour être vecteur de L. infantum (sous genre Larroussius et secondairement Adlerius), n’a été identifiée au Sénégal. Dans ce contexte, l'objectif principal de cette thèse était d'identifier les vecteurs potentiels de la maladie et de caractériser le cycle de transmission de la leishmaniose canine par des études écologiques, parasitologiques et moléculaires des populations de phlébotomes. Ainsi, 7442 spécimens de phlébotomes ont été récoltés par piégeage adhésif, piégeagelumineux et par pulvérisations intradomiciliaires d'insecticides pyréthrinoïdes. Neuf espèces de phlébotomes ont été identifiées : deux appartiennent au genre Phlebotomus, P. duboscqi (vecteur de la leishmaniose cutanée au Sénégal) et P. rodhaini, les autres espèces appartiennent au genre Sergentomyia, S. adleri, S. clydei, S. antennata, S. buxtoni, S. dubia, S. schwetzi, et S. magna. La distribution spatiale des phlébotomes est hétérogène selon le village, selonl’écosystème et l’environnement de capture. Les études parasitologiques et les études moléculaires (PCR diagnostique de Leishmania) ont révélé trois espèces de Sergentomyia infectées par L. infantum, S. dubia (dissection et PCR), S. schwetzi (dissection et PCR) et S. magna (PCR). Il faut noter que plus de 2% des individus femelles à jeun testées étaient PCR positives, soulignant la survie des parasites chez ces espèces après la digestion. Toutes les autres espèces étaient négatives aussi bien en dissection qu’en PCR. Les analyses statistiques ont montré : que la distribution de S. dubia est significativement associée à la séroprévalence chez les chiens, que les individus de S. schwetzi positifs en PCR sont significativement associés à la séroprévalence chez le chien, qu’il y a un effet significatif du nombre de phlébotomes positifs en PCR (les 3 espèces confondues) sur la séroprévalence chez l’homme. Toutes ces données démontrent pour la première fois que 3 espèces du genre Sergentomyia, S. dubia, S. schwetzi et probablement S. magna, sont les vecteurs de la leishmaniose canine dans le foyer de Mont-Rolland. Ces résultats remettent en question le dogme qui stipule que seul le genre Phlebotomus serait capable de transmettre le parasite Leishmania dans l’Ancien-Monde. L’étude du comportement et de la distribution de ces trois espèces et de leurs spécimens infectés nous ont permis de proposer un modèle de transmission dans ce foyer.