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Tazzio TISSOT a le plaisir de vous inviter à sa soutenance de thèse qui aura lieu le lundi 16 octobre 2017 à 9:00 dans l'Amphithéâtre des Plantes du Centre IRD de Montpellier.

Une approche multi-échelle des processus écologiques et évolutifs impliqués dans le cancer

 

 

Le jury sera composé de :
Mme Anne CHARMANTIER, CEFE, Examinatrice
Mme Lucie LAPLANE, IHPST, Examinatrice
Mme Dominique PONTIER, Université Claude Bernard, Rapporteure
M. Benjamin ROCHE, UMMISCO, Directeur de thèse
M. Frédéric THOMAS, MIVEGEC, Directeur de thèse
M. Minus VAN BAALEN, Ecole Normale Supérieure, Rapporteur


Résumé :
Le cancer est une pathologie caractérisée par la transformation de cellules de l’organisme, et leur prolifération incontrôlée aux dépens de l’organisme. Elle peut toucher tout tissu de l’organisme, et menacer la survie des patients à terme. Ce phénomène est souvent interprété comme une dégénérescence de l’organisme au cours du vieillissement, mais ce paradigme ne suffit pas à embrasser toute la complexité de cette maladie. En effet, la progression cancéreuse est basée sur des mutations qui nourrissent une prolifération différentielle des cellules, et elle peut donc être décrite par une dynamique écologique et évolutive. En outre, les manifestations du cancer sont extrêmement répandues dans tout le vivant, et peuvent être attribuées à l’émergence des organismes multicellulaires il y a un milliard d’années. Le cancer a donc toujours représenté une contrainte sur l’évolution des organismes. La compréhension globale du cancer nécessite donc d’élucider comment les dynamiques éco évolutives intra- et inter-organisme s’influencent mutuellement au cours des temps évolutifs. A l’aide de conceptualisation et d’approches théoriques, nous montrons qu’une approche multi-échelle offre de nouvelles perspectives sur les processus écologiques et évolutifs impliqués dans le cancer. A l’échelle intra-tumorale, nous nous concentrons sur les interactions entre cellules cancéreuses et au rôle structurant que ces interactions peuvent avoir dans les écosystèmes tumoraux. Nous montrons notamment que la fréquence des interactions diminue la diversité clonale durant l’expansion tumorale. A l’échelle populationnelle, nous formulons et explorons une hypothèse sur l’origine de la forte fréquence des cancers héréditaires : les défenses anti cancer sélectionnées dans les environnements cancérogènes pourraient compenser la progression cancéreuse, et donc autoriser la persistance d’allèles pro-oncogéniques à l’équilibre mutation-dérive. Nous considérons enfin les interactions réciproques entre évolution des organismes et évolution des cellules cancéreuses : spécifiquement l’évolution emboîtée de la résistance et de la tolérance au cancer, et l’évolution de stratégies de manipulation de l’hôte chez les cellules cancéreuses. Nous montrons notamment que l’évolution intra individuelle favorise la tolérance, tandis que l’évolution inter-individuelle favorise la résistance.

Mots-clés : cancer, écologie, évolution, approche multi-échelle.

 

 

Camille JACQUELINE a le plaisir de vous inviter à sa soutenance de thèse qui aura lieu le mercredi 18 octobre 2017 à 09:00 à l'Amphithéâtre des Plantes du Centre IRD de Montpellier,

Communautés d’agents infectieux et incidence des cancers :
le rôle de l’écologie du système immunitaire

 

Le jury sera composé de :
M. François RENAUD, MIVEGEC, Directeur de thèse
M. Bernard CAZELLES, UPMC, Rapporteur
M. Lluis QUINTANA-MURCI, Institut Pasteur, Rapporteur
Mme Nathalie BONNEFOY, IRCM, Examinatrice
Mme Delphine CASABONNE, ICO, Examinatrice
M. Bruno LEMAITRE, Ecole Polytechnique de Lausanne, Examinateur

Résumé :
Le cancer est un problème majeur en santé humaine représentant l’une des principales causes de décès dans le monde. Depuis le début du 20ème siècle, le parasitisme a émergé comme un facteur déterminant pour expliquer la vulnérabilité face au cancer, avec un nombre croissant d’agents infectieux reconnus comme oncogènes. En parallèle, les virus oncolytiques ont attiré une attention considérable pour leur intérêt thérapeutique. Cependant, le rôle des autres agents infectieux dans le développement du cancer est resté largement inexploré même s’ils sont l’un comme l’autre soumis aux pressions du système immunitaire. Ainsi, l’objectif de cette thèse a été d’évaluer l’implication des communautés d’agents infectieux, non-oncogènes et non-oncolytiques, dans le processus cancéreux. Grâce à un modèle de tumeur chez la drosophile, nous avons pu démontrer que les infections sont capables de modifier l’équilibre du système immunitaire avec des conséquences significatives sur l’accumulation des cellules cancéreuses. Considérant que les humains sont exposés à de nombreuses infections de manière successive ou concomitante au cours de leur vie, nous avons pu montrer que l’histoire personnelle d’infection module le risque cancéreux via les perturbations continues qu’elle inflige au système immunitaire. Enfin, les résultats obtenus par l’analyse de jeux de données à l’échelle mondiale suggèrent que les agents infectieux sont également capables d’altérer l’incidence des cancers d’origine infectieuse en interagissant avec les agents oncogènes au sein des communautés infectieuses. À la lumière des interactions réciproques entre infections et cancer, il semble indispensable d’évaluer la pertinence des nouvelles approches de lutte contre le cancer dans le contexte des maladies transmissibles.

Mots-clés : infections, cancer, système immunitaire, immuno-écologie, drosophiles.

 

 

 

Mircea SOFONEA a le plaisir de vous convier à sa soutenance de thèse qui aura lieu le jeudi 14 septembre 2017 à 14:00 à l'Amphithéâtre des Plantes du Centre IRD de Montpellier (911 Avenue Agropolis - 34394 - Montpellier), intitulée

Évolution de la virulence et infections multiples

 

Le jury sera composé de :
M. Yannis MICHALAKIS, CNRS, Directeur de thèse
M. Samuel ALIZON, CNRS, Co-directeur de thèse
Mme Ophélie RONCE, CNRS, Examinateur
Mme Elisabeta VERGU, INRA, Examinateur
M. Fabrice VAVRE, CNRS, Examinateur
M. Bernard CAZELLES, ENS/UPMC, Rapporteur
M. Amaury LAMBERT, Collège de France/UPMC,Rapporteur


Résumé :
Au sein des populations naturelles d'êtres vivants circulent une diversité de parasites, qu'il s'agisse de plusieurs espèces, souches ou plus généralement types. Si certains modèles d'épidémiologie évolutive intègrent déjà le polymorphisme des parasites, rares sont ceux pour lesquels la dynamique épidémiologique dépend de la croissance intra-hôte et des interactions que les parasites entretiennent lorsqu’ils infectent le même hôte. Les complexité combinatoire et dynamique explique pourquoi il n'y a pour l'heure pas de prédiction générale de l'évolution de la virulence dans de tels contextes d'infections multiples. À la recherche d'une tendance générale d'évolution de la virulence, nous modélisons chaque niveau de dynamique sur lequel l'évolution des parasites repose. En particulier, nous étudions explicitement les interactions et l'issue de la compétition au sein des hôtes, les dynamiques épidémiologique et enfin adaptative. Sur l'exemple des infections chroniques causées par des micro-parasites transmis horizontalement, nous employons les approches propres aux systèmes dynamiques et aux probabilités pour emboîter cette suite de dynamiques afin d'en explorer les conséquences évolutives. Nous définissions notamment le concept de patron d'infection, à savoir l'ensemble des issues intra-hôte associées à chaque configuration d'inoculation et décrivons cinq patrons jusqu'ici non décrits, lesquels échappent à la dichotomie classique entre super- et coinfection. Cette typologie nous permet par la suite d'envisager l'évolution de la virulence dans un cadre général. Nous observons en particulier une inéluctable mais bornée croissance évolutive de la virulence.

Mots-clés : interactions intra-hôte, polymorphisme, coinfection, superinfection, patron d'infection, adaptation